Terminator Genisys

Terminator Genisys ★★

Peut pas croire que ça fait trois fois que je vois cet esti de film là. Faut vraiment que je mette mes notes de visionnement au propre plutôt que les laisser pourrir à quelque part dans des cahiers perdus. Ça m'éviterait (peut-être) de revoir un film duquel je n'ai rien retiré de plus (je crois, je ne sais plus ce que j'avais noté la dernière fois, mais je suis pas mal certain que ce sont exactement les mêmes phrases/moments, avec plus d'exaspération cette fois).

Après avoir vu le 1 et le 3, ça parait tellement mauvais. Le scénario fait aucun fucking sens. Je ne comprends pas elle sort de où la ligne de temps parallèle si elle est mêlée à la ligne de temps précédente (celle du 1 et du 2, le 3 n'existe pas). Il est né quand John Connor si ses parents ont voyagé de 1984 à 2017 sans avoir pris le temps de l'engendrer? Ça voudrait dire que le John Connor du début était celui de la même ligne de temps que Terminator 1 et 2, mais alors pourquoi Kyle Reese ne débarque pas dans T1, mais dans une version parallèle de T1? Il se fait où le branchement, l'intersection? Pis c'est qui qui a envoyé Arnold avant le début de T1 pour protéger Sarah? John est devenu méchant ça peut pas être lui, et de toute façon il est même pas né dans cet univers parallèle. Un univers d'ailleurs où même si Skynet a envoyé Arnold et un T-1000 avant T1, on a envoyé Arnold encore en méchant comme dans T1 (il y a une impossibilité logique à quelque part là-dedans: soit tout était prévu de tout temps, il n'y a qu'une ligne, et alors tout ça devrait déjà être dans T1, soit le passé change et modifie en même temps le futur mais alors il n'y aucune fucking raison d'envoyer un vieux modèle de Terminator pour tuer Sarah alors que t'as un T-1000 qui s'en charge déjà). Dans Star Trek ça marche parce qu'il n'y a pas de voyage dans le temps, mais quand tu prends tous les problèmes déjà inhérents aux récits de voyage dans le temps pis tu y rajoutes un monde parallèle, il n'y a juste plus rien qui marche.

Et c'est pas anodin parce que c'est à travers le concept du voyage dans le temps que T1 et T2 réfléchissent à la possibilité du libre arbitre, à qu'est-ce que c'est, être humain, par rapport à la machine. De T1 à T3 c'est pas compliqué: on veut éviter un futur qui n'a pas encore eu lieu; l'homme se crée un futur, la machine le détruit (et elle n'a pas de mémoire, elle détruit littéralement l'histoire). Ici, on veut revenir à un passé dans lequel il n'est pas possible de revenir, alors on crée une version parallèle, un simulacre qui se déclare comme tel. C'est le bout fascinant pour le théoricien de la nostalgie (comme le fait qu'on ne s'émerveille pas ici de l'apparition nue d'Arnold, de son corps, mais de sa reproduction numérique qui l'imite, comme un T-1000 le ferait d'ailleurs), et si le film avait décidé d'explorer ça, on aurait quelque chose de possiblement intéressant, mais non, on revient aux mêmes discussions sur le destin, l'avenir, on répète les dialogues des films précédents, mais ils sont complètement vides parce qu'ils ne fittent pas dans ces univers parallèles qui sont essentiellement sans conséquences (t'es pas content de ton monde, tu t'enfuis dans un autre, who cares; Rick and Morty l'ont compris). On essaie moins de se créer un avenir que de préserver l'image d'un passé, le monde vert sans les machines dont Kyle se rappelle même s'il ne l'a pas vécu. C'est fucked up, ça en dit long sur la nostalgie du cinéma (le but est de rêver à un avant le Terminator de 1984 pour mieux savourer encore le choc de sa découverte), et sur son incapacité à penser l'avenir, celui que le cinéma a toujours offert à l'humanité.

Bref, c'est mauvais (mais d'une façon qui alimente facilement une thèse), et les quelques affaires intéressantes se trouvent dans la première demie-heure; note à moi-même si jamais mes notes se perdent encore.