• Quo vadis, Aida?

    Quo vadis, Aida?

    "S’il tire son affect de la représentation d’une violence injuste et exagérée, le film de guerre est souvent assorti d’une échappatoire quelconque, qu’elle soit historique ou diégétique. Malgré sa facture ténébreuse, Schindler’s List (1993) envisage l’holocauste avec une pointe d’espoir, incarnée dans l’humanisme d’Oskar, mais aussi dans la certitude d’une victoire éventuelle des Alliés contre les forces nazies. Ici, comme à Kigali, au sein du film génocidaire, c’est l’inéluctabilité d’une conclusion entièrement funeste qui tenaille le spectateur, forcé de partager…

  • Underground

    Underground

    "Avec Chien de garde, la réalisatrice réduisait le thriller criminel à une petite échelle pour mieux explorer la dimension humaine du banditisme et ainsi proposer une représentation plus réaliste des individus moyens s’y adonnant, les petits voyous. S’appuyant sur ces riches fondations, le thème de la famille s’en trouvait élevé. Souterrain fonctionne de manière analogue en reprenant cette fois-ci le film catastrophe — une explosion survient dans une mine de Val-d’Or et une équipe de sauvetage a pour mission de…

  • Army of the Dead

    Army of the Dead

    « Il n’y a peut-être rien de surprenant à tout cela : Snyder avait commencé au cinéma par un remake de
    Dawn of the Dead (en 2004), un film médiocre, faisant semblant de jouer dans les plates-bandes politiques de
    l’original, mais de manière conservatrice, en versant de plus dans un cynisme facile et désagréable, on ne peut plus
    antagoniste au cinéma certes désespéré, mais lucide, de Romero. Army of the Dead se veut un successeur spirituel
    de ce Dawn of…

  • Undine

    Undine

    "C’est pourquoi Undine est un film de submersion comme on dit d’autres films qu’ils sont d’immersion. On n’entre pas dans son premier plan : on s’y noie, dans l’émotion ravalée d’Undine (Paula Beer) qui vient d’encaisser, puis dans le second plan, celui du regard faussement, parfaitement faussement réconfortant de son vis-à-vis
    Johannes (Jacob Matschenz) qui la regarde étouffer et qui ne sait lui proposer qu’un café"
    LIRE LA CRITIQUE COMPLÈTE SUR PANORAMA-CINÉMA: www.panorama-cinema.com/V2/critique.php?id=1584

  • Mon amour

    Mon amour

    Plus qu’un film sur l’amour, Teboul nous livre une œuvre sur le deuil. Le ton, on l’aura compris, est lyrique, et s’il était poète, le cinéaste aurait sans doute commis des sonnets. Ce lyrisme s’entend d’abord dans les textes eux-mêmes, très beaux, d’Anne Baudry, mais aussi dans la voix du narrateur, qui semble atteinte physiquement par la perte. Certains passages sont bafouillés, si bien qu’on y perd quelques mots. Or ce qu’on perd en compréhension se gagne ailleurs en vérité…

  • Daughters of the Dust

    Daughters of the Dust

    Il y a presque 30 ans — une génération —, sortait en salles pour la première fois un film américain réalisé par une femme noire : Daughters of the Dust, de Julie Dash (1991). Ce grand classique du cinéma indépendant est à mes yeux l’un de ses plus beaux poèmes.

    Au cœur de la révolution industrielle, trois générations d’hommes, femmes et enfants descendants du peuple Ibo, enlevé à sa terre et mis en esclavage, décident de quitter leur petite île…

  • The Free Ones

    The Free Ones

    Les libres s’ouvre et se referme comme les grilles d’une geôle sur ses précaires intervenants, usant d’une conclusion en pointes acérées pour confirmer le caractère délicieusement cynique de son titre. Il n’existe pas, en effet, de vraie liberté pour les ex-détenus. C’est du moins ce que le film tend à prouver dans sa représentation stoïque de l’aliénation ordinaire, aliénation par le travail qui succède immédiatement à l’aliénation carcérale et les autres pierres d’achoppement de l’existence criminelle (dépendance à la drogue…

  • Dunkirk

    Dunkirk

    « Nous pourrions donc dire que le montage en parallèle permet de montrer ce qu’il y a de commun à nos trois trames, l’angoisse devant le temps qui passe, mais pas ce qu’il y a de spécifique à chacune d’elle : attendre sur une plage des secours qui n’arrivent pas, sentir l’ennemi se rapprocher autour de soi, l’impuissance de soldats qui ne peuvent rien faire d’autre qu’attendre, ce n’est pas la même chose, en fait c’est carrément l’opposé, que tenter…

  • Just Don't Think I'll Scream

    Just Don't Think I'll Scream

    «De ce droit au plaisir jaillit aussi la force générale de Ne croyez surtout pas que je hurle, c’est-à-dire sa capacité à construire dans le temps des morceaux émotifs qui tiennent par eux-mêmes, dans leur histoire comme dans leur résolution, fragments qui, à l’instar des doutes de Beauvais face à l’écriture, refusent l’immobilisme mortifère du texte en préférant la préservation visuelle et sensible de la richesse d’une image de ce qui a été. Le regard reste, les mots doivent partir»...
    www.panorama-cinema.com/V2/critique.php?id=1503

  • There Are No False Undertakings

    There Are No False Undertakings

    «Il n’y a pas de faux métier, c’est d’emblée et jusqu’au bout ceci : la circulation fluide et rythmée entre des registres de réalité et de fiction reposant sur la présence de l’acteur comme remédiation de l’écriture, circulation où se précise en retour un travail sur l’alliage de tons et de thèmes se situant entre le vulgaire et le fin, le burlesque et le sensible, la dérision et la fureur. De la sorte, c’est donc un mode d’écriture qui expose la réflexivité de l’écriture, en la prenant également comme sujet»...
    www.panorama-cinema.com/V2/critique.php?id=1563

  • City Hall

    City Hall

    «Frederick Wiseman, c’est l’un de ces grands cinéastes qui mourra sans doute en faisant ce qu’il aime, dans la salle de montage où s’opère la magie de son art, où son regard aguerri scrute, dissèque et extrait l’essence des institutions sociales qu’il observe des mois durant. À 90 ans, il fait penser depuis longtemps aux vénérables grands maîtres, Kurosawa, Godard, Eastwood, Varda, Mekas, des artistes pour qui la retraite n’est même pas envisageable au vu de l’amour cinéphile qui les…

  • L.627

    L.627

    "Dans les faits, L.627 (loi permettant aux forces de l'ordre française d'entamer des procédures de dépistage chez un suspect), est une satire sociale plutôt qu'un film policier, qu'un néo-noir ou autres genres de l'enquête. S'il tient du policier son héros et du néo-noir sa ville vivante absorbant quiconque y entre, le film de Tavernier multiplie les gags, les personnages paresseux et les amourettes faciles. Sans être à proprement dit burlesque, ni ouvertement drôle, L.627 l'est pourtant" ...
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