• She Does Not Drink, Smoke or Flirt But... She Talks

    She Does Not Drink, Smoke or Flirt But... She Talks

    Ce film est l'incarnation absolue de la comédie potache du tournant années 60/70 en France, pour le meilleur, et bien souvent pour le pire. Si d'ailleurs je dois lui reconnaître un intérêt, c'est d'être une capsule temporelle, tant il est le témoin (et le fruit même) d'une société française qui n'a à peu près rien à voir avec celle d'aujourd'hui. Pour le pire, et bien souvent pour le meilleur.
    En tout cas j'ai passé 1h20 avec Annie Girardot et pour ça je ne peux pas dire que c'était du temps perdu. Elle est simplement extraordinaire.

  • A Man There Was

    A Man There Was

    J'ai d'immenses lacunes en cinéma suédois – d'ailleurs j'ai d'immenses lacunes en cinéma tout court, mais pour combler celles-là une vie ne suffira pas ! À part deux ou trois films de Bergman, c'est le néant. Mais c'est un cinéma qui m'interpelle ardemment, et Netflix, une fois n'est pas coutume, est venu à ma rescousse. Pour ceux et celles qui ne l'aurait pas remarqué (c'est vraiment très probable au vu de l'absence totale de communication), sont apparus sur la plateforme…

  • Le Bal

    Le Bal

    Etorre Scola fait le pari un peu fou de résumer près de cinquante ans de la société française (de 1936 à 1983) dans un huit-clos sans dialogue, entièrement rythmé par des tubes des époques successives, réorchestrés par le grand Vladimir Cosma. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le film ne ressemble à rien d'autre. Bon, forcément, condenser l'étude sociologique d'un demi-siècle d'histoire en moins de deux heures, ça donne un résultat peu subtil. Et malheureusement, ce manque…

  • The Woman Next Door

    The Woman Next Door

    « Ni avec toi, ni sans toi. »

    Truffaut revient aux origines du mot passion (du latin "patior" = "la souffrance, le supplice") pour cette histoire d'amour tragique. Exploration superbement mise en scène (on sent l'influence hitchcockienne) du sentiment amoureux, le plus puissant de tous et, fatalement, le plus destructeur.
    Pourtant le film n'en reste pas moins charmant. Fanny Ardant et Gérard Depardieu sont magnifiques, et le personnage de madame Jouve est un rayon de soleil inoubliable.

  • The Young Girls of Rochefort

    The Young Girls of Rochefort

    ★★★★★

    De toutes les fresques cinématographiques mettant en scène des personnages entremêlés et leurs destins croisés, Demy a sans aucun doute façonné la plus aboutie, la plus grandiose et bouleversante. Les demoiselles de Rochefort est un chef-d'œuvre sans égal, peut-être le plus beau film français de tous les temps. Beau, oui vraiment, c'est le mot. Tout y est d'une pure et éclatante splendeur, de la musique de Michel Legrand (chef-d'œuvre là aussi !) aux couleurs féériques des rues de Rochefort, du…

  • Love on the Run

    Love on the Run

    On peut dire ce qu'on veut sur la saga Doinel de mon héros Truffaut, et sur la qualité peut être vacillante de son épilogue, mais faut reconnaître qu'«Antoine Doinel» c'est quand même le nom fictif le mieux trouvé du cinéma français.
    Plus qu'un nom d'ailleurs, c'est peut être l'un des personnages les plus convaincants et consistants de notre panthéon cinématographique! Avec cinq films pour se développer, plutôt normal, me direz-vous... Certes, mais ça ne change rien au fait que j'ai…

  • Cousin Angelica

    Cousin Angelica

    Seulement deux films où je le vois (sur une filmographie longue de quelques 230 métrages !), mais je suis largement prêt à le clamer haut et fort : José Luis López Vásquez est un géant. Un acteur de génie. Il est exceptionnel, dégageant à la fois une grande force et une bouleversante vulnérabilité. Dans ses deux films que j'ai vu (El jardín de los delicios et La prima Angélica) il porte à la perfection les concepts très audacieux, voire casse-gueules,…

  • Black Girl

    Black Girl

    ★★★★★

    Le personnage central, Diouana, "la noire de...", crie pour la justice. Mais d'un hurlement sourd, étouffé par le poids d'un héritage colonialiste trop profondément ancré dans les esprits, et inaudible pour qui n'écoute pas le vacarme silencieux du mouvement de ses yeux. Sa colère est retenue, captive, dans sa gorge et ses pensées, emprisonnée par cette langue qu'elle ne parle pas. Son désespoir muet, inexprimable par les mots, incapable de franchir le seuil de sa bouche, conduira à l'ultime instant…

  • Felicità

    Felicità

    Une telle explosion d'authenticité, une suspension de bonheur si gracieuse et puissante, c'est rare au cinéma. Suffisamment rare pour que ce film me touche en plein cœur et que je le chérisse intimement. Félicità donne envie de vivre, de fuir le banal, le normal, de quitter nos routines. D'aller respirer, enfin.

  • One Hour with You

    One Hour with You

    Certains dialogues sont écrits en rimes !!! Ça peut paraître rien mais j'avais besoin de ça. On a tous besoin de ça. C'est délicieux. Ce film est délicieux, délicieusement charmant. Si les chansons de Maurice Chevalier ne vous mettent pas un giga sourire aux lèvres je n'y comprends plus rien.

  • Human Resources

    Human Resources

    J'avais écrit une review un peu personnelle il y a quelques mois, à propos du bouleversant Benni de Nora Fingscheidt (que j'avais par la suite essayé de contacter sur instagram, sans réponse :( je fais jamais ça d'habitude ça m'apprendra) où j'expliquais ne pleurer quasiment jamais devant les films, mais que celui là avait réussi, par sa justesse, à briser mes barrières lacrymales. Et bien je me suis retrouvé hier dans la même situation devant le premier film de Laurent…

  • Gainsbourg: A Heroic Life

    Gainsbourg: A Heroic Life

    Je crois que le réel au cinéma n'est jamais aussi parlant et authentique que quand il est dépeint, paradoxalement, déguisé dans des extravagances surréalistes et emmitouflé dans un ingénieux cartoonesque métaphorique et symbolique. Gainsbourg, vie héroïque brille de ce point de vue là. D'ailleurs, si un biopic sur un artiste n'a pas pour ambition d'être une œuvre d'art à part entière, qui embrasse l'essence profonde de l'œuvre de l'artiste en question, il s'agit alors d'un produit cinématographique purement inutile. Montrer…