Urban Cowboys

Urban Cowboys ★★★★★

Le film s’ouvre et se ferme sur une friche entre deux usines, espace de liberté autant que de désœuvrement, qui semble à lui seul métaphoriser l’existence des personnages. Ces jeunes gens, issus d’une classe ouvrière délaissée, apprivoisent les chevaux qui y galopent, comme pour s’apprivoiser eux-mêmes : sur sa petite jument au poil terne, l’orphelin fait peser toute sa solitude. Sans concession, mais non sans empathie, le film donne à voir une violence sociale autant qu’intime, subie et exercée par l’enfant, pour qui le cheval est tout à la fois un exutoire et un dernier rempart de tendresse. Urban Cowboys ouvre alors une réflexion sensible et poétique en intégrant l’animal au cœur d’un champ social censé être le propre de l’Homme. (Agathe)