Nadia, Butterfly

Nadia, Butterfly ★★★½

Après mon détour au TIFF il y a deux jours, je me suis retrouvé au Festival de cinéma de la ville de Québec ce soir, et tout ça, sans jamais quitter mon salon à Montréal. La magie des festivals incluant un volet virtuel! Le film d’ouverture du FCVQ 2020 est le très attendu deuxième long métrage de Pascal Plante, qui a reçu le prestigieux sceau du Festival de Cannes au printemps dernier.

Nadia, Butterfly raconte l’histoire de Nadia Beaudry (la médaillée aux Jeux de Rio Katerine Savard, très photogénique, juste et touchante), une nageuse qui s’apprête à participer à ses derniers Jeux olympiques, à Tokyo en 2020. (On comprend que le film se déroule dans un monde parallèle où une pandémie mondiale n’a pas empêché la tenue de ces Jeux.) Lui-même ancien nageur de haut niveau, Plante maîtrise l’imagerie aquatique et dépeint la vie d’athlète avec un grand souci du détail. Tout en étant très physique par sa nature, son drame sportif est aussi étonnamment introspectif, se concentrant surtout sur les sentiments ambigus que ressent Nadia face à sa retraite imminente au jeune âge de 23 ans, afin d’entreprendre des études en médecine.

La séquence du relais en temps réel est un point saillant tôt dans le récit, mais le film demeure captivant alors qu’il suit les nageuses après leur compétition, lors d’une longue nuit de beuverie et de rapprochements, des excès dont la protagoniste s’est privée par le passé. On la suit également le lendemain alors qu’elle erre à travers la métropole japonaise, seule, un peu perdue. Sa mélancolie est parfois exprimée en mots, mais c’est souvent visuellement que Plante l’évoque, bien entouré par Stéphanie Weber Biron à la direction photo et Amélie Labrèche au montage.

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